Les artisanes et artisans sont de moins en moins nombreuses et nombreux en Suisse. Beaucoup de métiers manuels ont disparu au cours de ces dernières décennies ou souffrent d’un déficit d’image. Ils s’avèrent pourtant indispensables à la transition énergétique, à l’économie circulaire et – par conséquent – à l’avenir de la Suisse.
« Où sont passées les mains en or ? », s’exclamait Margrit Stamm dans une chronique (en allemand, NDT) publiée il y a deux ans. La professeure en sciences de l’éducation attirait alors l’attention sur une réalité toujours actuelle : les artisanes et artisans se raréfient en Suisse. D’après l’Office fédéral de la statistique, les métiers de l’artisanat et les professions apparentées occupent aujourd’hui à peine 10 pour cent des 4,8 millions de personnes actives. Leur part dépassait les 25 pour cent en 1970. Le nombre d’artisanes et artisans a nettement baissé en chiffres absolus aussi. Les métiers intellectuels et scientifiques sont devenus les principales catégories professionnelles. Un glissement similaire s’observe dans les cursus de formation : le nombre de diplômes universitaires ne cesse d’augmenter, tandis que celui des apprentissages professionnels diminue.